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Lignes et points "forts"
On découpe le cadre en trois parties horizontales et trois parties verticales.
Les quatre points d'intersection constituent les points "forts".
Mais ceci est empirique et approximatif.
D'autant plus que l'image cinéma bouge et change souvent de composition.

On place les éléments importants de l'image sur ces points et sur ces lignes.
Les lignes diagonales peuvent aussi servir à structurer l'image.


Voici les lignes et points forts matérialisés dans l'image.
Le format est ancien, mais la règle fonctionne de même.
Un personnage est placé sur une ligne verticale, sa tête sur un point fort.
Un deuxième personnage a sa tête placée sur le point fort diamétralement opposé.
L'image est très "solide".

Cette composition respecte la règle.

Dans cette composition les personnages sont dans le même plan.
Composition aussi correcte.
Mais les personnages sont à des distances différentes.
C'est une composition en "profondeur de champ".
Autre composition en "profondeur de champ".
Encore une autre composition en "profondeur de champ".

Composition maladroite :
L'image est coupée par le milieu.
Coupée au tiers supérieur elle devient meilleure,
Moins "ennuyeuse".

L'horizon sur le tiers bas dégage le ciel.
Mais il faut peupler grand ce vide.

A partir de ce mauvais cadrage,
essayons d'intégrer des personnages au décor.
Rectifions le cadrage.
Le vide sur la gauche "appelle" quelque chose.
Faisons entrer nos personnages dans ce vide.
En montant ou abaissant la cméra les personnages auront plus ou moins de présence dans l'image.
Ici ils sont écrasés par le paysage.
Ici c'est le contraire.
Le décor se trouve schématisé.

Si c'est utile, on peut, dans le même plan, passer du premier cadre au second par un travelling vertical.
Ou l'inverse.
L'ajout d'un premier plan à droite, simple, réintroduit de la complexité.
Mais le cinéma c'est la vie, le mouvement.
Oublier les règles évitent aussi de tomber dans l'èsthétisme.

Revenons à quelques compositions fixes afin mettre en évidence quelques erreurs.
Le spectateur non spécialiste ne les verra pas;
mais il ressentira une gène qui fait perdre au film une partie de son pouvoir.

Ici il n'est pas normal que le cadre lui "coupe les pieds" et rejette vers une énorme surface vide.
Ici c'est meilleur.
Et là encore mieux.
Tout change en abaissant la caméra.

"L'expression est avant tout une affaire de flexion de genoux".

Qu'est-ce qui ne va pas dans ce cadre ?
Pourtant bien composé. Cest que le spectateur suit le regard du personnage
qui butte sur le bord du cadre.
Le regard du spectateur erre alors dans le vide de droite.
Ici le vide est bien orienté.

Même constat ici.
(sauf si c'est la fin d'un plan)

Si l'acteur est accompagné par la caméra,
il faut toujours laisser davantage d'air" devant lui que derrière.

Encore une erreur fréquente.
La tête, point fort du personnage, est placée au centre de l'image, comme sur une cible.
En replaçant la tête sur un point fort
on retrouve un plan américain classique, personnage coupé entre la taille et les genoux,
et de l'espace situé du coté du regard.

Erreur courante du gros plan :
trop d"air" au dessus de la tête.
Il est plus "solide", plus agréable ainsi.

Voici maintenant un déséquilibre expressif construit sur les points forts.

Ici on introduit une oblique.

Tout est permis.
Il suffit de savoir l'ordonner dans le cadre.

Un rythme circulaire.
L'oeil tourne dans le cadre qu'il n'a pas envie de quitter.

S'éloigner des règles est le premier devoir de celui qui les connait.
Ici, rupture avec la monotonie du fractionnement rectangulaire de l'espace.

Rupture avec les règles.
Ceci n'est valable qu'en mouvement.

Rupture aussi.
Le mouvement de la caméra ou des acteurs fait apparaître de temps à autre de séduisants désordres que l'oeil enregistre une fraction de seconde, pour les oublier immédiatement.

On ne peut contrôler un cadrage tout au long d'un mouvement.
On se contente de contrôler l'image de départ et celle d'arrivée.

Ici fusionnent un certain nombre de valeurs : la narration, le symbole, le cadrage, la direction d'acteurs, la profondeur de champ...
Encore ne faudrait-il pas que tout cela aboutisse à faire de lAntonioni de Prisunic...

revue "Image et Son" n°194 bis : Apprendre le Cinéma - mai 1966 - Jean-Louis Cros - chapitre "Le langage et l'outil" [le texte a été beaucoup simplifié pour internet]