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Mélissa                un film de Gilbert Comparetti et Jennyfer Timbria                (placer la souris sur le coté de l'image
pour faire apparaitre la barre de contrôle)
               sortie
(2018) - (Nîmes)



En quoi ce film est expérimental?

Le caractère expérimental ne concerne ni le scénario ni le style mais plutôt une réalisation sans équipe technique et sans vrai budget.

Le cinéma industriel domine les écrans, saturés de séries télévisées et de grosses productions. Simple constat : le cinéma n'est pratiquement plus qu'une industrie . Les recherches expérimentales, qui impliquent naturellement un risque financier, sont quasiment impossibles dans un tel contexte. Depuis que les court-métrages ne sont plus diffusés (comme complément de programme) il leur est impossible d'atteindre le grand public. Donc très difficiles à financer et à réaliser.

En 1946 André Malraux écrivait : "Par ailleurs, le cinéma est une industrie". Heureuse époque! Aujourd'hui on est tenté de rappeler "Par ailleurs, le cinéma est un art".
Or, au départ, l'art est artisanal. Problème sans espoir de solution avec les techniques cinématographiques traditionnelles.

Mais aujourd'hui les techniques numériques offrent une ouverture : l'images numérique coûte bien moins cher à créer et à manipuler, tandis qu'Internet offre un moyen de diffusion accessible.
Toutefois, ce que l'on donne à filmer à la caméra reste inchangé ainsi que les salaires de l'équipe de réalisation.
Impossible de supprimer les salaires dans un milieu profesionnel.

Reste le milieu amateur. C'est peut être envisageable si on accepte de fortes contraintes..
Donc une équipe de bénévoles. Sympathique mais parfois peu fiable. Toute l'équipe n'est pas toujours disponible en même temps.
Il la faudra donc aussi réduite que possible.
Quelle est l'équipe minimale qui permette d'envisager la réalisation d'un film avec acteurs ? (j'élimine d'emblé les films sans acteurs qui peuvent plus facilement se passer d'équipe, en général)

Pour le savoir j'ai donc tenté de réaliser un film en étant à la fois le réalisateur, toute l'équipe technique et un des comédiens.
Cette expérience un peu folle a finalement aboutit au film Mélissa.
Je me propose de relater ici les problèmes rencontrés et les solutions appliquées .

Les moyens

le lieu : un petit pavillon avec jardin dans la banlieus de Nîmes.

le personnel :
  • Moi même, Gilbert, 82 ans, retraité, cinéphile, aucune expérience de comédien.
  • Une jeune aide ménagère, Jennyfer, 25 ans, disponible trois heures par semaine.
    (Intriguée et amusée par l'idée de faire un film, mais sans aucune expérience théâtre ou cinéma).
le matériel :
  • la caméra : HD (1920x1080 pixels) avec un pied .
  • le son : micro canon sur la caméra ou supplont les comédiens. Un enregistreur sur carte mémoire Sony.
  • le logiciel : un bon logiciel de montage et de post production : Vegas.
  • la lumière : De préférence la lumière naturelle entrant par les fenêtres. Des réflecteurs blancs (polystyrène). Quelques ampoules économiques type lumière du jour.
    En lumière artificielle 3200° :
    Deux projecteurs Crémer ancien 500w avec lentille de Fresnel. (rares et chers).
    Deux projecteurs Par de théatre (bon marchés mais moins commodes)
    Deux projecteurs type mandarine à faisceau large avec ampoule 800w ou 150w.
    Des feuilles de gélatine saumon pour fixer sur les vitres des fenêtres et amener la lumière extérieure à 3200°
    Des filtres pour tamiser la lumière des projecteurs.
Et beaucoup de bricolage..

Méthode de travail

La présence de Jennyfer était indispensable pour les répétitions, pour la mise au point de la mise en scène et de la lumière , et bien sûr pour le tournage.
Sa faible disponibilité (3 heures par semaine) qui paraissait une contrainte au départ, s'est révélée un avantage par la suite car cela me laissait le temps de préparer sérieusement chaque séance de travail.

Absence de caméraman!

C'est la contrainte la plus importante car elle réduit beaucoup les possibilités de mise en scène.
Lorsque toute l'équipe (Jennyfer et moi) est devant la caméra, celle-ci est toute seule sur son pied.
Donc fixe. Ni panoramique, ni travelling.
C'est l'acteur qui doit se positionner par rapport à la caméra.
Se cadrer par tâtonnements prend beaucoup de temps et d'énergie.
Une aide technique a consisté à utiliser un moniteur connecté à la caméra.
Placé hors champ mais visible pour les acteurs qui peuvent ainsi se positionner dans le cadre.
Il faut ensuite s'entrainer à jouer en respectant ses positions, mais sans regarder le moniteur. Chose peu aisée.

Une caméra fixe nous ramène au temps primitifs du cinéma.

Le son

Il est très facile d'obtenir un son médiocre en se contentant du micro incorporé à la caméra.
Mais il est très difficile d'obtenir un son de qualité professionnelle.
D'où la nécessité d'un ingénieur du son (et d'un perchman).
En son absence nous avons été contraints de nous doubler en post-production.
Ce qui est toutefois une pratique courante.

le jeu

C'était l'obstacle incontournable car nous n'étions comédien ni l'un ni l'autre.
J'avais quelques idées théoriques, mais aucun don naturel.
Je savais qu'il ne fallait surtout pas "jouer", sinon c'était le ridicule assuré.
Ne pas tenter de composer un personnage : c'est un métier!
Mais se placer soi-même dans la position du personnage. A condition qu'il soit très proche.
Revivre dans sa tête une situation personnelle vécue analogue à celle du personnage.
Laisser faire la caméra et l'oublier!
Il est ainsi possible d'utiliser des acteurs non comédiens au cinéma. Pas au théâtre.

Si vous êtes intéressé, je continuerai volontier à relater cette expérience qui s'est étalée sur toute l'année 2018.
Pour en savoir plus, pour donner votre avis ou si vous avez des questions veuillez m'envoyer simplement un petit mot en cliquant ici.
Merci.